La guerre de Vendée en elle-même est morte. Les survivants s'enfuient vers Laval, qu'ils traversent pour la troisième fois, dévorés par le typhus et la dysenterie, insultés par la population excédée. Dans de nombreuses municipalités rurales, entre les mains de Royalistes, on interdit aux « patriotes » réfugiés dans les villes de revenir, y compris par la force[243]. Belleville 1100 159 Bois de céné 1800 1338. D'autres régions de France ont vu le développement d'insurrections (royalistes ou fédéralistes) contre la Convention en 1793. Employé sous la Révolution à la fois sous une forme nominale et adjectivale (la seule qui ait survécu à la période révolutionnaire, dans la langue française), « populicide » est utilisé pour désigner ce qui cause la mort ou la ruine du peuple[348]. Mais La Rochejaquelein ne compte pas rendre les armes. Une deuxième vague de réfugiés a lieu d’août 1793 à janvier 1794. Convaincus que les généraux vendéens ne cherchent qu'à gagner du temps, les représentants en mission envisagent de lancer une vaste opération pour les faire arrêter, mais ils doivent renoncer par manque de troupes[245]. Aizenay 3000 2067. Les Vendéens se portent alors sur le camp des Quatre-Chemins qui est pris d'assaut le 11 décembre. ), Voir l'intervention de Timothy Tackett, dans. D'autres, comme Le Moëlle et Dabbaye, sont tués[300]. La conscription de 300 000 hommes, décidée par la Convention le 24 février 1793, achève d'exaspérer les paysans : ceux-ci prennent alors les armes. Ainsi, les troupes du général Turreau parcourent les terres de Vendée en pratiquant la politique de la terre brûlée, d'où l'épithète de "colonnes infernales", dont les exactions prennent la forme de viols, exécutions sommaires et tortures. Arrivés à Nantes les 6, 7 et 8 septembre, cette troupe disciplinée et courageuse menée par les généraux Aubert-Dubayet, Kléber, Vimeux, Beaupuy et Haxo est placée dans un premier temps dans l'armée des côtes de La Rochelle et dans un second temps sous les ordres de Canclaux, chef de l'armée des côtes de Brest[107] jusqu'au 1er octobre 1793. Le lendemain, les Vendéens ratent une embuscade au bois du Détroit et perdent tout le butin pris au Quatre-Chemins[284]. Charette établit son nouveau quartier-général à Belleville[215]. Le 19 avril, il se jettent sur Leigonyer à Vezins et mettent ses troupes en déroute. Dès fin mars, l'insurrection est matée en Bretagne par les colonnes des généraux Canclaux et Beysser[58]. François Lebrun, « La guerre de Vendée : massacre ou génocide ? Les troupes républicaines de Beysser et Mieszkowski occupants ces deux villes sont mises en déroute. Le lendemain, les forces réunies de Charette et Joly contre-attaquent pour reprendre la ville mais sont repoussées[71]. Le débat autour du génocide vendéen est apparu dans la communauté universitaire dans les années 1980, en particulier avec les travaux engagés par Pierre Chaunu et Reynald Secher. C'est pourquoi on utilise souvent le … On en retrouve des éléments dans le chapitre rédigé par A. Gérard (Poussou 2). Pendant ce temps en Bretagne, l'expédition de Quiberon tourne au désastre[257]. Le 25 juin, une flotte britannique arrive en vue de la presqu'île de Quiberon, en Bretagne, et débarque deux jours plus tard à Carnac une armée d'émigrés qui est accueillie par plusieurs milliers de chouans[249]. La bataille, dite du « Pont-Charrault » a impact psychologique immense qui porte jusqu'à Paris[53]. Le 9 juin, les Vendéens arrivent devant Saumur qui est prise d'assaut[88]. La troupe de Charette rejoint ensuite celles de Joly et Savin. Babeuf a aussi créé l'adjectif « liberticide » le 20 août 1791. Les Vendéens tentent de couper la retraite des républicains mais Lescure et Charette enfreignent le plan et préfèrent attaquer Montaigu et Saint-Fulgent. De même, les juges de paix qui ont choisi le royalisme sont gardés en place[414]. Charette et Sapinaud se montrent ouverts aux propositions de paix et envoient à leur tour deux émissaires, de Bruc et Béjarry, qui rencontrent les représentants en mission à Nantes entre le 28 et le 30 décembre[226],[227]. Ce dernier se retrouve encerclé par les Vendéens et est écrasé le 22 avril, laissant plus de 1 000 prisonniers. Pas question de dérapage, de tyran ou de « génocide », ni de « proconsuls » pour les représentants en mission... »[411].S'attachant à la question mise au programme des concours du CAPES et de l’agrégation d’histoire en 2005-2006, telle qu'elle a été traitée dans le manuel dirigé par Patrice Gueniffey, dans l'article « À propos des révoltes et révolutions de la fin du XVIIIe siècle. Il délivre 2 000 prisonniers républicains, pille les magasins des insurgés et s'empare des archives du Conseil supérieur des Blancs. Un premier bilan a été dressé par les professionnels des Pays de la Loire. À la veille du 10 août 1792, lorsque l'Assemblée supprime les dernières congrégations existantes, une bonne partie sont emprisonnés. Les « martyrs » de 1793 occupent le premier plan de la mémoire vendéenne pendant l'essentiel du XIXe siècle, avant d'être éclipsés par les morts de la guerre franco-prussienne de 1870 et de la Première Guerre mondiale, deux conflits au cours desquels se réalise l'unité nationale[316]. Des velléités insurrectionnelles resurgiront dans un avenir proche, mais elles sont vite contenues. En Anjou, Charles d'Autichamp, le successeur de Stofflet, et Henri Forestier déposent les armes en mai[306]. Ce changement est la conséquence d'une reprise en main des opérations par le comité de salut public qui, « au prix d'une utilisation des mots d'ordre les plus fermes et d'une détermination de fer », parvient à contrôler les violences qui ensanglantent le pays[196]. Le 29 septembre, après quelques échanges d'artillerie avec la garnison de Noirmoutier, la flotte britannique renonce et se porte sur L'Île-d'Yeu, plus faiblement défendue et plus éloignée des côtes, qui capitule le 30 septembre[264],[267]. Début juin, Charette est cette fois contacté par le comte de Provence, futur Louis XVIII, qui lui fait part de son souhait de venir de joindre à lui[247]. Dans le pays de Retz, des milliers de paysans s'emparent de Machecoul le 11 mars après un combat contre les gardes nationaux[32],[40]. Progressivement des structures militaires se mettent en place[63]. Il consiste en un article unique : « La République française reconnaît le génocide vendéen de 1793-1794. Ne parvenant pas à choisir un nouveau généralissime, les quatre chefs prêtent serment, le sabre haut, de s'assister mutuellement. D'autres historiens ont employé le terme de « génocide » pour qualifier les massacres commis pendant la guerre civile dans le camp républicain. Plus au nord, le général Beysser sort de Nantes le 20 avril avec 3 200 soldats[75]. Dans la Sarthe, ce sont les fermiers aisés et leurs alliés qui se soulèvent, alors que les ruraux dépendants des villes et leurs voisins tisserands représentent le fer de lance de l'insurrection dans les Mauges. Cette proposition soulève des réactions surtout à gauche, comme celle du Secrétaire national du Parti de gauche Alexis Corbière, qui voit dans cette proposition de loi « un acte grossier de manipulation historique ». », L’Histoire, n°311. Des femmes enceintes sont écrasées sous des pressoirs, des nouveau-nés sont empalés au bout des baïonnettes[190]. En 1789, les paysans de l'Ouest accueillent plutôt favorablement les débuts de la Révolution. Dans le Maine-et-Loire, Henri Menuau n'arrive pas à faire préciser ce qui doit être détruit en « Vendée » »[399]. La déroute des bleus est telle que des détachements royalistes s'emparent brièvement de Chinon et de Loudun sans combattre et que quatre cavaliers parviennent à eux seuls à se rendre maîtres de La Flèche pendant quelques heures[91]. Cholet n'est resté que deux heures aux mains des Vendéens, néanmoins, l’événement retentit jusqu'à Paris et provoque la colère du Comité de salut public qui menace Turreau. Les pertes de cette journée sont difficiles à estimer. La carte des combats Cette mise en accusation est appuyée sur la mise au jour, après Thermidor, des exécutions, des massacres et des destructions de la guerre civile et de la Terreur. En 2017, Jacques Villemain, diplomate et juriste ayant notamment travaillé pour la Cour internationale de justice à La Haye, publie un livre[373] dans lequel il estime que si les massacres de la guerre de Vendée avaient lieu « aujourd'hui », le droit pénal international les qualifierait de « génocide »[374]. Dans le Poitou, les insurgés s'emparent de Tiffauges le 12 mars[46],[34]. Les malades, les vieillards, les enfants, leur famille proche et leurs domestiques sont exemptés de l’éloignement, ainsi que des artisans spécialisés utiles à l’armée[320]. Vaincus à Cholet, les Vendéens se replient sur Beaupréau, puis sur Saint-Florent-le-Vieil, laissant derrière eux 400 blessés qui sont achevés par les hommes de Westermann. Traqué par les colonnes mobiles républicaines, il demeure constamment en mouvement dans les environs de Belleville, Saligny, Dompierre et Le Poiré[288]. Rescapés de la Virée de Galerne, La Rochejaquelein et Stofflet rassemblent leurs forces, mais dès le 3 janvier elles sont dispersées par le général Grignon. Beaufou 1100 522. Le modeste sacristain Jacques Cathelineau prend alors la tête d'une véritable armée paysanne qui s'empare de Cholet le 14 mars. La guerre de Vendée : combien de morts ? Les représentants en mission se divisent quant à sa stratégie. - Du nouveau sur "Noms de Vendée": Les mariages désormais tous indexés jusqu’en 1919- Paul, Marguerite, Ginette, François, Dominique et les autres… Le quotidien et les vacances de la famille Cros-Delabre, de l’Ile-de-France à la Bourgogne, et des plages du Pas-de … Les royalistes sont devant la ville le 3 décembre mais ils ne parviennent pas à venir à bout de ses 4 000 défenseurs. Charette s'empresse alors de retourner à Belleville pour mettre de l'ordre dans ses troupes[231]. Par un hasard du calendrier, le député Lasource rend un rapport le lendemain sur l'Association bretonne d'Armand Tuffin de La Rouërie. À Sainte-Christine, où la guerre laisse la population très divisée, les élites commerçantes traditionnelles sont évincées par des hommes de la terre et la noblesse, qui investit des fonctions qu'elle dédaignait auparavant. A Nantes, un tribunal révolutionnaire est créé avec à sa tête Jean-Baptiste Carrier. L'enracinement et les liens de confiance dont bénéficient les petits notables leur permet d'être, au XIXe siècle, avec les nobles, les intermédiaires incontournables entre la communauté et l'État[16]. Découverte des lieux à l’aide d’un document. Le bilan de cette guerre est catastrophique. Le succès du spectacle du Puy-du-Fou, lancé en 1977 par Philippe de Villiers, résulte de la rencontre entre un milieu rendu réceptif par une pédagogie du souvenir de 150 ans et le souci d’un homme politique de se construire une image. Le 30 mai, les insurgés se structurent davantage en formant à Châtillon-sur-Sèvre un Conseil supérieur de la Vendée chargé d'administrer les territoires conquis et en réorganisant l'armée en trois branches[63] : Armée « populaire », elle trouve un soutien tant au niveau logistique que militaire parmi le petit peuple des campagnes. Or il n'est possible ni de trouver une identité "vendéenne" préexistante à la guerre, ni d'affirmer que c'est contre une entité particulière (religieuse, sociale… raciale) que la Révolution s'est acharnée »[394].